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Politique
Une interview exclusive de Michel Rocard sur la réforme des institutions, la présidence française de l'Union Européenne, la Turquie, l'avenir du PS... PDF Imprimer E-mail
Lundi, 15 Septembre 2008 10:40

Qui, mieux que Michel Rocard, Député européen et ancien Premier Ministre, pour éclairer tous les enjeux de l'été 2008, dans un calendrier marqué par l'imbrication de grandes échéances politiques intérieures françaises ainsi qu'européennes? Souvenons-nous : mi-juin, projet de Réforme constitutionnelle devant le Sénat ; fin juillet, vote solennel de ce texte en Congrès ; 1er juillet, démarrage de la Présidence française de l'Union Européenne (U.E) ; le 13 de ce même mois, réunion à Paris du sommet de l'Union Méditerranéenne chère à Nicolas Sarkozy, mais très critiquée, notamment parce qu'elle élude encore l'importante question de l'entrée de la Turquie dans l'Europe...

Michel Rocard émet là-dessus une position très nette. On aurait tout intérêt selon lui à intégrer cet important pays au sein de l'Europe. Élogieux sur bien des points de la Réforme engagée, notamment pour redonner du poids au Parlement, il se dit aussi favorable à un mouvement dans ce sens pour le Sénat. Quant à la Présidence française du Conseil de l'UE, il la voudrait "la moins arrogante possible".

Mais les hasards de calendrier affectent aussi le Parti Socialiste... A la rentrée, il faudra bien avoir trouvé un successeur au poste de Premier Secrétaire occupé pendant onze ans par François Hollande. Les socialistes s'y préparent, bien sûr. Michel Rocard nous a livré là-dessus le fond de sa pensée. Les propos de la dernière partie de cette interview sont sévères, notamment vis à vis des médias. Les effets dévastateurs de la politique-spectacle sur la vie des partis sont en effet pour lui une véritable tragédie.

 Le texte de cette interview est en ligne sur le site comprendrelactualite.free pour poursuivre et enrichir le débat sur les thèmes abordés.


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Mis à jour ( Samedi, 24 Octobre 2009 11:39 )
 
Quand Nicolas Sarkozy Draguait les Afro-Electeurs E-mail

La campagne pour l'élection présidentielle semble avoir été le dernier révélateur de l'érosion du modèle de l'intégration, à la française. Souvenons-nous de l’affaire du « comptage ethnique », ce mot d’ordre du CRAN relayé à travers les médias à la fin de l’hiver 2007. La volonté de peser un poids « communautaire », et, pendant, d’en obtenir des contreparties est une logique des veilles de scrutins, dans tous les pays démocratiques. Les Afros ont fait leurs cette devise, en rejoignant dès lors le bataillon de ces communautés respectées, parce que fermement décidées à s’organiser. Ce qu’ils réclament aujourd’hui, c’est la reconnaissance de l’indicible douleur de ce que fut l’esclavage ; une douleur que portent toujours, de père en fils, les descendants d’esclaves.
Que les Afros-Antillais se fédèrent ainsi, soudés par ce traumatisme d’une histoire dans laquelle l’Europe n’a pas le meilleur rôle, peut apparaître comme une preuve de maturité. S'estimant les frères des Juifs ou des Arméniens, dans la souffrance, cette communauté « black » à la voix émergente en France, veut rattraper le temps perdu, repartir à l’assaut de ses racines, remonter son histoire jusqu’aux larmes et au sang de ses ancêtres. Et elle y parviendra sans aucun doute, en obtenant au passage au forceps quelques gestes républicains visant à « reconnaître » et donc à « commencer à réparer » cette faute historique européenne que fut l’esclavage en général, et la traite des Noirs en particulier. A l’instar des Arméniens, gratifiés par le Parlement français d’une loi de reconnaissance du génocide de 1915 perpétré par la Turquie, votée au grand dam d’Ankara, et pénalisant la négation de cette vérité, la loi Taubira a finalement désigné haut et fort, en 2001, ce crime contre l’humanité de l’esclavage. Mais manque encore à ce dispositif son lot de symboles essentiels, sans lesquels la loi n’apaise rien, comme des dates et des lieux de mémoire, ainsi que l’irremplaçable mention de ceux qu’il faut bien désigner comme victimes. A ces électeurs, que de promesses auront faites les candidats ! Nicolas Sarkozy le premier, de très près talonné par Ségolène Royal, était allé porter la bonne parole de la date du 23 mai comme nouvelle date marquante de la mémoire noire devant une assemblée « d’Ultra-marins », le 29 mars dernier. Mais, à peine élu, le même de fustiger un climat de repentance susceptible de dresser les communautés les unes contre les autres…

 

 

 

 


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